Bilan lecture - Mai 2020


Le second mois de confinement en France a été riche en temps de lecture pour moi. J'ai trempé mes orteils dans de nombreux genres différents, et en ai profité pour découvrir un nouveau favori.



Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo


Dans ma quête des plus gros livres de ma PAL, j'ai plongé dans un autre classique du 19e siècle. J'espérais retrouver dans Notre-Dame de Paris, la prose très poétique que j'avais adoré, il y a des années, dans L'Homme qui Rit, également de Victor Hugo (dans lequel j'avais allègrement sauté les digressions politiques sans fin). Eh bien, malheureusement, je n'ai pas du tout apprécié celui-ci. Du tout. J'étais déterminée à le terminer mais je n'arrêtais pas de regarder les numéros de page pour jauger ma progression et ce n'est jamais bon signe.

Dans Notre-Dame de Paris, Victor Hugo veut donner aux lecteurs un aperçu de Paris au 15e siècle sous toutes ses facettes. L'histoire du bossu et d'Esmeralda n'est qu'une partie de son plan. Même si je savais que l'histoire se terminait mal, je ne m'attendais pas à une telle histoire. Quelques révélations sur l'intrigue arrivent (mais si je peux vous faire gagner du temps de lecture, tant mieux).

Esmeralda est une jeune femme de 16 ans qui survit dans la rue en dansant et en chantant pour les passants. Tous les hommes de l'histoire tombent sous son charme, dont Quasimodo, sur lequel Hugo écrit noir-sur-blanc qu'il est un monstre et que ses déformations physiques sont les raisons de sa méchanceté (coucou James Bond). Inutile de vous dire combien ça sent mauvais. Frollo a élevé Quasimodo à Notre-Dame où le bossu est devenu sonneur de cloches. Frollo, obsédé par Esmeralda, essaye de l'enlever, aidé par Quasimodo. Plus tard, Esmeralda (qui a échappé à un viol) est arrêtée et condamnée pour le meurte du capitaine. En prison, Frollo lui rend visite et se met à lui dire de se taire pendant qu'il lui explique combien il est malheureux. Les choses ne font qu'empirer pour Esmeralda qui vit un enfer juste parce que des hommes ne peuvent se contenir et tentent par tous les moyens de se l'approprier. A la fin, je ne sais même pas si j'ai lu le livre le plus sexiste que j'ai jamais découvert, ou si c'est un portrait magistral d'hommes qui sombraient dans la folie.

Morale : tenez-vous-en à la version Disney. Et merci d'avoir assisté à mon nouveau Ted Talk.


Binti, T.3, de Nnedi Okorafor


Chaque tome de la trilogie Binti est un cours d'écriture en soi. Le premier comptait tout juste une centaine de pages, mais il est aussi dense que certains volumes de 300 pages. Le deuxième tome poussait sur le même terreau fertile et m'avait fait me sentir plus proche de Binti en tant que personnage, tout en me surprenant de nouveau. Le troisième élargit encore le champ des possibles, ce que je ne pensais pas possible. On va de surprise en surprise dans perdre la force de l'histoire qui est aussi inclusive, effrénée et diverse que les deux premiers tomes. Je l'ai trouvé un peu répétitif dans sa structure, mais quelle trilogie! Je suis heureuse de m'être aventurée à nouveau dans le royaume de la science-fiction.


Le Liseur du 6h27, de Jean-Paul Didierlaurent


Guylain Vignolles travaille dans une usine où les livres invendus sont détruits et transformés en pâte à papier. De temps en temps, la machine doit être nettoyée et Guylain parvient à sauver de ses mâchoires d'acier quelques pages qui se sont détachées de leur reliure. Tous les matins, dans son train de 6h27, il en lit quelques-unes à ses compagnons de voyage.

Ce livre m'a charmée presque dès la première page. Il est raconté sur le ton d'un conte de fées qui m'a fait sourire malgré le décor quotidien et plutôt sombre de l'histoire. J'aurais du mal à pointer du doigt exactement ce qui a fonctionné pour moi. Peut-être le style, quand l'auteur décrit des choses toutes simples avec une pointe d'extravagance. Les personages ont aidé, aussi. J'ai eu un peu de mal à saisir Guylain lui-même, mais ses amis hauts en couleur et les gens qu'il rencontre sont un plaisir à lire. Tout n'était pas parfait (je n'ai pas beaucoup aimé la tendance grossophobe, petite mais intense), mais l'impression globale que ce livre me laisse est la même que celle de films comme Les Emotifs Anonymes ou This Beautiful Fantastic (je ne te remercierai jamais assez mon amie Kimberly de Lacelit pour m'avoir fait découvrir cette pépite), qui jettent une lumière fraîche et enchantée sur des histoires du quotidien.


Le Papier peint jaune, de Charlotte Perkins Gilman


Enfin une histoire féministe venue du 19e siècle! Ma courte exploration de la fiction écrite au 19e siècle ne m'avait pas beaucoup aidé à me détendre ces derniers temps (Les Quatre Filles du Docteur March et Notre-Dame de Paris, bien que sans rapport l'un avec l'autre, m'avaient rendue furieuse). J'ai été d'autant plus ravie de lire cette nouvelle dense et psychologique publiée en 1892. La narratrice est une femme qui passe ses vacances dans une maison louée avec son mari. Alors que lui, un docteur, lui recommande de se reposer autant que possible, une obsession naît chez elle pour le papier peint qui couvre les murs de leur chambre. Ce que j'ai adoré dans cette histoire, c'est qu'il n'y a pas d'explications des évènements. On est libre de l'interpréter comme on le souhaite. Charlotte Perkins Gilman explore la psyché de sa narratrice, donnant une voix à celle que son mari considère simplement comme souffrant d'hystérie.

Edit : après avoir écrit cet avis, je suis allée me renseigner rapidement sur la vie de l'autrice, et il s'avère qu'elle tenait des propos profondément problématiques sur les Afro-Américains. Je tenais à le souligner. On trouve plusieurs articles sur le sujet très facilement en ligne.


Les Livres d'Emmett Farmer, de Bridget Collins


Relire un livre coup de coeur est souvent toute une aventure émotionnelle. Je ne peux jamais m'empêcher de craindre qu'une histoire ne me charme pas autant que la fois précédente, ou que j'y découvre quelque chose de nouveau qui la ternisse irrémédiablement. L'année dernière, The Binding a été l'un de mes deux livres préférés. Récemment, j'ai jeté un oeil aux autres avis sur ce livre et certains expliquent de façon très convaincantes pourquoi les personnes en question ont eu du mal avec lui. Je comprends leurs plaintes et j'ai eu peur de ne plus autant aimer le lire. En fait, si. Il y a une telle atmosphère que je me suis à nouveau sentie engloutie dans le livre. Le premier tiers est un vrai régal - il ne s'y passe pas grand chose, mais il y a beaucoup de remarques sur les changements de la lumière au cours de la journée, de questions sans réponse, d'apprentissage et de mystère. Le livre aurait pu s'arrêter là et j'aurais été heureuse. Puis la deuxième partie a commencé et j'ai à nouveau été emportée par la relation entre les personnages. La troisième partie était plus rapide et l'un des personnages me manquait, mais j'ai passé un très bon moment néanmoins.

Finalement, je comprends que ce n'est pas un livre parfait, mais je l'adore quand même. Et j'ai hâte de découvrir le nouveau roman de cette autrice, The Betrayals!



Gatsby le Magnifique, de Francis Scott Fitzgerald


Lu. Apprécié.

Vous arrive-t-il de lire un livre qui ne laisse aucune impression sur vous? Cela m'est arrivé avec celui-ci. Il est si célèbre que je m'attendais à une histoire ou un style surprenant(e), mais je dois avoir une expérience trop limitée des livres de cette époque pour m'en rendre compte. J'ai apprécié l'étude de personnages, et surtout le fait que ce soit un nouveau venu qui raconte l'histoire. A part cela, je n'ai pas grand chose à dire!



Avril enchanté, d'Elizabeth Von Arnim

Parmi tous les livres que j'ai lu pendant le confinement en France, je pense que celui-ci a été le plus parfait. Quatre dames de la bonne société se rencontrent via une annonce dans le journal et décident de passer un mois dans un château en Italie alors qu'aucune n'y a jamais mis les pieds.

Il y avait juste le bon dosage d'extravagance British pour équilibrer l'étude minutieuse des personnages et les pensées parfois frivoles, parfois profondes, que chaque femme partage à son tour avec les lecteurs. J'ai noté plein de considérations très touchantes auxquelles je m'identifiais totalement, bien que j'aie peu en commun avec ces dames. C'est un livre que je prévois de relire souvent, et je suis ravie d'avoir découvert un nouveau favori.



Nevertheless, She Persisted: Flash Fiction Project


Cet ebook gratuit (en anglais uniquement) rassemble 11 courtes nouvelles écrites par des femmes de tous horizons et identités. Elles vont de la science-fiction à la fantasy en passant par les réécritures de mythes, ce qui devrait vous assurer d'entrouver une à votre goût!

A trouver ici ou ici (liens non affiliés).



Pour des avis plus fréquents sur mes lectures, je vous invite à aller faire un tour sur mon compte Instagram (il n’est pas obligatoire de s’inscrire) : https://www.instagram.com/mariebreta/


Qu'avez-vous lu en mai?

6 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout